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Section française

 

 

 




Jacques Chirac a exalté dimanche, sur le site de Verdun, la nation française diverse dans ses origines, mais rassemblée pour "faire face, tenir jusqu'au bout" lors de cette bataille emblématique des horreurs de la guerre moderne.

Le chef de l'Etat a aussi dénoncé, dans la ligne de sa reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs pendant la seconde guerre mondiale, "le choix funeste de l'armistice et le déshonneur de la collaboration" couverts par le maréchal Philippe Pétain, le vainqueur de Verdun.

"Cette tragédie française fait partie de notre histoire. Nous pouvons aujourd'hui la regarder en face", a-t-il dit. Jacques Chirac a déjà entrepris auparavant de rappeler les pages sombres de l'histoire de France, qu'il s'agisse de l'esclavage ou de la colonisation.

Dimanche, dans le cadre du 90e anniversaire de la bataille, le président a souhaité rendre hommage aux combattants musulmans engagés dans la défense de la République en inaugurant un mémorial dédié "Aux soldats musulmans morts pour la France".

Sur les quelque 600.000 tirailleurs, goumiers et spahis, venus du Maghreb, d'Afrique noire et de Madagascar, enrôlés sous l'uniforme français, quelque 70.000 ont péri sur les champs de bataille de 14-18.

Ce mémorial de style mauresque et surmonté d'une Koubba (coupole) est édifié près du carré comprenant 592 tombes musulmanes orientées vers la Mecque, devant l'ossuaire de Douaumont, symbole de la bataille de Verdun où périrent en 1916 quelque 300.000 soldats français et allemands.

"Cette cérémonie nous rappelle aussi qu'à ce moment de son histoire, à Verdun et pour Verdun, la nation française a su se rassembler, faire face, tenir jusqu'au bout", a dit M. Chirac.

"Le citadin et le paysan. L'aristocrate et l'ouvrier. L'instituteur et le curé. Le républicain et le monarchiste. Celui qui croit au ciel et celui qui n'y croit pas. Toutes les conditions, toutes les opinions, toutes les religions sont à Verdun (...) toutes les provinces de France et toutes les origines", a-t-il souligné.

Il a affirmé que "l'armée de Verdun, c'était l'armée du peuple". "Tout le peuple y prenait sa part. C'était la France dans sa diversité", a-t-il dit, ajoutant: "La République a résisté au choc inouï de la Première guerre mondiale grâce à la volonté admirable de ses soldats-citoyens".

Au-delà, c'est aussi à l'ensemble de la communauté musulmane que s'est adressé M. Chirac - même s'il n'a pas prononcé dans son discours le mot musulman - alors que celle-ci se sent souvent exclue de la société française et qu'une partie d'entre elle est tentée par le communautarisme.

Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, s'est félicité de cette "réponse officielle, d'avenir, pour une plus grande intégration de la communauté musulmane, une communauté française à part entière, au moins par le sang versé".

Jacques Chirac a également souligné qu'il "aura fallu la saignée de 14-18 puis le long cortège des crimes du nazisme" avant de construire l'amitié franco-allemande. "Nous devons à tous nos morts de nous mobiliser (...) pour faire avancer une Europe de la paix, de sécurité, de prospérité, de justice et de solidarité".

Quelques milliers de personnes ont assisté sous le soleil à cette cérémonie, dont plusieurs centaines d'anciens combattants, ainsi que des ministres (Défense, Anciens combattants), les présidents de l'Assemblée et du Sénat et des élus locaux.

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